Colonel Himmler REBU [ou] les Armes de la République faits Martyrs

DIPLOMATIE INTERNATIONAL & SOCIÉTÉ par Dan Albertini

  • Colonel Himmler REBU [ou] les Armes de la République faits Martyrs

Entre (), La fin du pacte RDéen signée par Léo Fernandez Reina, va-telle casser la BCRD, au nez de la CARICOM pour un retour à l’ère Balaguer ? Installons-nous. Fin de (). 

«Le passé est un pays étranger», c’est le titre traduit de l’ouvrage de David Lowenthal publié en 1985 (Cambridge University Press NY Portchester/réimprimé en 1990). C’est la profonde philosophie américaine qui pousse vers les limites jamais atteintes auparavant par l’homme de notre histoire connue. Celle inconnue ne compte pas ici. Métaspora ou les patries intimes, est par contre un puissant essai de Dr Joël Des Rosiers, Ph. D., expert psychiatre haïtien qui a  visité un univers insoupçonné de la nature humaine dans une société où vit le migrant. Et le citoyen aussi. Il pourrait en fait être comparé dans sa version romanesque simplifiée, avec le titre de Niel Bissoondath : «tous ces mondes en elle» (Boréal 1999 Mtl.). C’est donc dans cet univers de recherches élargies que je veux regarder aujourd’hui l’ex-colonel Himmler Rébu que j’ai présenté il y a un peu plus de (2) semaines, sous la loupe de sur la route du cinéma, sous le titre de : le Major Himmler Rébu [ou] les armes de la République. Diplomatie oblige. 

Colonel Rébu veut-il désarmer major Himmler Rébu (du métier des armes), croyant chasser l’automatisme insulaire, convertir en structuraliste politico, passer pour le civil non violent, et prôner une nouvelle orthodoxie digne de la prêtrise. Curieux que la pensée ressemble de préférence aux besoins de Richelieu. Voilà ce qu’il dit dans : LE SYNDROME DE L’AFFRANCHI.

«C’est bizarre comme nous avons intégré les principes de base de l’esclavage».

Je me suis donc interrogé sur : [lesquels, s’il faut valider le constat ?]. [Qui sont : Nous ?]. [Quelles étaient les intentions du génie du Code noir qui pourraient valider ce postulat ? (parce qu’avant l’esclavage qui nous concerne il y aurait le Code noir et ses objectifs)]. [Abnégation faite sur l’intention de ce génie qui a sûrement eu ses provisions en cas d’échec].

Avant de poursuivre, je veux souligner le fait que je reste ici dans les cordes de la chronique, donc loin de moi l’idée de déranger le nouveau spectre de Rébu s’il en a un réellement, avec une étude profonde sur le caractère. Cependant, bien avant sa publication, et, depuis la préparation du titre sur la route du cinéma, j’avais préparé colonel Rébu comme sortant de la matrice de Major Himmler Rébu… . ça veut-il dire aussi que sa théorie est de la chronique ?

Colonel Rébu poursuit : «que nous ne voulons changer pour rien au monde. Pourtant, nous nous déclarons démocrates confirmés. Je crois que [la démocratie n’est pas la monarchie malgré l’usage des besoins d’émancipation, que dire du modèle abusif de l’époque originelle puisque (Nous) dites-vous, en sommes accrochés ?]. Alors [c’est important de le définir au départ, car vous soutenez  la thèse dessalinienne qui serait alors une approche indigène de la pratique des sans-culottes contre les royalistes]. C’est ce que j’aurais voulu dire au critique. 

Pourquoi ? L’État a pourtant dit-on le monopole de la violence. Aucun homme d’État ne sait alors nier la violence. Mieux, s’il faut désarmer la violence active d’un bandit aux mesures de la délinquance, c’est avec la violence de l’État qui est légale, légitime, nous a-t-on enseigné en sciences humaines et en sciences sociales. Le guerrier de 1804 était bel et bien dans la violence contre le baron déchu du Code noir jamais enterré, de Paris. Le Major armé aussi. 

Pourquoi alors le colonel Rébu désarme-t-il le major Himmler Rébu, tandis qu’il participe au désarmement de la femme dans la commission qui propose, je dis bien propose, car c’est une proposition limitée, non un pouvoir établi que le juge de paix aurait assermenté le tiers.

C’est cet homme qui veut faire taire le Major Himmler Rébu qui poursuit ainsi : «le colon, fatigué de nous taper dessus invente la métamorphose : l’affranchi. Et, il découvre ébahi qu’il n’y a pas mieux qu’un nègre pour taper sur un autre nègre. Et, nous avons ainsi subi l’esclavage pendant trois cents ans !».

Colonel Rébu ne doit pas ainsi nier que [fatigué est dans ce contexte un crédit de bonne conscience accordé au colon : pourquoi ?]. De plus [l’affranchi était-il du génie originel du Code noir, ou un ajustement dû à la mauvaise conscience ou à la fatigue que lui imposait cette gestion en dehors de celle de la bitation?]. [Le Code noir définissait-il le châtiment pour le refus d’obéissance quant à la correction explicitée dans le Code noir même ?] Question !

Pourquoi trois hommes, sous prétexte de légalité, de constitutionnalité dans un négoce politique sans mandat certifié ISO-Peuple, disons-le ainsi, et la femme une fois de plus écarté dans ce deal politique, de la régence. La plus qualifiée pour la tâche, quand Desras, paraît-il, voudrait être le nouveau Roger Lafontant de l’Intérieur, zézé de la justice, zaza, de l’économie et des finances, zizi de la défense nationale, comme si le premier ministre qui serait choisi n’existerait que par eux. Est-ce là une insulte du colonel Rébu au Major Rébu qui préconisait l’ordre ? La République est-elle de cet avis ? Si ce n’est de la violence politique contre le reste quand il a peur de Jovenel Moïse qui barre la sortie du Fort, il faudrait qu’il s’explique. 

Voici colonel Rébu en conclusion dans ce contexte : «Je n’ai ni dans mon éducation ni dans mon parcours la culture de la violence. Malheureusement ! Je n’ai pas le  courage de Alex Chérisier qui a écrit un texte viril pointant où crèchent ceux-là qui nous gardent dans cette misère abjecte qui nous entoure et que nous n’avons jamais vue […] parce que nous sommes AFFRANCHIS ! Au moins, je reconnais son courage». Reconnait-il alors le courage de la juge Wendell Coq Thélot, dans une négociation politique limitée pour forcer trois hommes contre la solution EP Trouillot où l’ex-brigadier général Hérard Abraham avait su tenir ces paroles célèbres : «madame la présidente, l’armée est à vos ordres». Faire enfin d’une femme la présidente d’un pays qui a sévèrement pénalisé la femme depuis sa première charte fondamentale en l’excluant de la régence et en lui enlevant sa nationalité si elle épousait un étranger. C’est aussi là de la violence contre la constitution qui depuis 1987 respecte enfin la femme dans un pays sans courage pour faire élire une femme, dans les états des hommes qui… ! C’est la même culture de la violence qui a eu la tentation d’un coup d’État avec Q & B. C’était pour sortir du Fort ? Évacuer Jovenel Moïse quand le peuple entier le demande, n’est-ce pas sortir du Fort aussi ! Pourquoi ce serait de l’école de la violence pour le colonel quand le Major Himmler Rébu était bien armé, bien entraîné ? C’est carrément là de la lâcheté.

Je reprends donc sur la route du cinéma : quand l’armée régulière du pays a perdu ses armoiries pour une politique de curé de basse-cour, jamais le citoyen n’aurait pensé recourir aux forces de la discipline pour se redresser du pavé mal lavé hérité du vicaire de théologie de libération importée, devenu président. Peut-on alors faire confiance au colonel Rébu, après le général Abraham qui avait pu lui-même transmettre les clés du pouvoir exécutif à une civile, à une juge, pour organiser des élections générales démocratiques ?

Colonel Rébu nous dit pour finir : «les sauvages et les colons ce ne sont pas les quatre sénateurs. C’est nous les colons […] les affranchis ! Et notre silence complice fait de nous des collabos». Êtes-vous collabo, colonel Rébu, pour désarmer le Major Himmler Rébu quand vous désarmez aussi le CV de la juge Wendell Coq Thélot ?


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur édition du 5 novembre 2019 Vol. XXXXIX No.43, et se trouve en P. 12 à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/11/H-O-6-november-2019.pdf