The Avangers

SUR LA ROUTE DU CINÉMA par Dan Albertini

  • The Avengers, un film mettant en vedette Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner.

La machine de Cannes n’aura encore pris congé que celle du FFM 2012, ou encore, celle de Toronto roulera à fond, inscrivant d’autres mythes, des figures bien entendu. Toutes les autres sans oublier la Mostra de Venise et Locarno en Suisse. C’est un point de vue personnel mais je crois partager avec plus d’un, je pense que les efforts de Fabienne Colas méritent d’être soulignées. Sa bataille n’est pas facile, sa démarche est audacieuse même si des reproches trouveront aussi leur place. Qui n’en mérite pas d’ailleurs ? Je le dis tout de go, Losique commettrait une erreur grossière à ne pas souligner ou valoriser cette démarche en cours à Montréal. Plus fou qu’ça, y’en n’a pas, Fabienne Colas tente de faire exporter le cinéma québécois en Haïti. Montréal devrait savoir dire merci. Cependant, l’obligation est d’abord et avant tout faite au Canada, à Québec et à Montréal, d’investir sérieusement et considérablement dans cette démarche. Il ne faut pas lui réclamer l’expertise de 40 ans d’existence, quand d’autres dans ce registres ont tout simplement échoué. Fabienne Colas fait partie de la relève, à moins que le talent pour les décideurs politiques et administratifs, a une autre couleur, j’évite de dire une couleur pâle. C’est ce à quoi je pensais en regardant The Advengers. 

Quand ma copine m’invita à visionner le film, j’avais compris que ce n’était au grand écran. Le décor était révélateur : douillette, jambes étendues, popcorn. J’étais loin d’imaginer qu’on pouvait le faire dans une si bonne condition. Ne le prenez pas par mon côté pervers, je suis du côté de la qualité de l’image et surtout le fait de pouvoir regarder sans interruption. C’était d’ailleurs notre premier film. Tout le monde connait évidemment la plateforme Youtube, elle n’offre pas par contre le bonheur sans nuage, c’est en série. J’ai découvert une meilleure. Movie2k.to. Je ne me suis pas interrogé sur la légalité, c’était trop beau pour être vrai. The Advengers m’offrait déjà un Samuel L. Jackson, une Scarlett Johanson et, je reconnaissais bien sûr une inspiration de ‘’The Avatar et de 2012 la fin du monde de Emmerich. Je prenais acte aussi du besoin de l’humain en 2012. Puiser dans l’immatériel pour rejoindre quelque part, un imaginaire haïtien. La différence, l’image est virtuelle, notre univers est plutôt oral. Dire qu’au Québec on nous critique pour ça. Vous connaissez ces voyages dits par esprit de possession chez ceux du côté de Jérémie ! Dans une petite boîte d’allumettes. Ça se fait dans le cinéma, non pas par la machine à traverser le temps, mais par la nature du spécimen humanoïde. Le film.

Le registre

Le film fait carrément dans l’immatériel avant tout, je ne parle pas de virtualité, même si on parle de comique américain. Disney dans sa plus pure tradition. Extraordinaire, mais aussi, réunir la famille ou une soirée cinéma, même si le loup solitaire trouvera son compte. On y retrouve Captain America, Iron man, The Zodiac (le groupe), etc. Nous savons que nous sommes dans la fiction, mais une telle fiction qui déborde l’imaginaire. Je me retrouve alors en Haïti où, tout ce qui est raconté devient vrai. Un peuple qui donne vie, comme si le pays comptait 8M de créateurs et de metteurs en scène. Même registre dans l’immatériel qui se matérialise, comme si réel. Le film me pousse à m’interroger sur les technologies qui permettent cette manipulation de l’image au point de persuader le sceptique. C’est de la fantaisie qui ne prendra pas de l’âge à moins d’être dépassé par la réalité. Chaque enfant partira avec son héros vivant, l’imposera à ses parents qui devront s’exécuter à acheter : figurines, posters, tshirts, jeux vidéos.

Quand j’ai commencé à regarder en famille, une visite impromptue allait me pousser vers une autre observation. Ce sont les adultes qui sont finalement restés à regarder, les enfants sont partis jouer. Disney a définitivement réussi son coup. L’enfant qui est en nous a été servi avec autant d’attention que les petits d‘aujourd’hui. Ce qui me porte à corroborer mes dires, nous connaissions Iron man et Captain America, ils n’ont perdu de valeur, au contraire. Je me pose par contre la question : comment les enfants arrivent-ils à communiquer leurs expériences de visionnement plus facile que nous ? Ils étaient déjà au courant de tous les détails, comme si, un l’aurait vu et raconté et, la chaîne de retransmission part. On aura beau étudié la mythologie dans le temps que les enfants arrivent à capter l’essentiel et les détails mieux que nous. La difficulté n’est donc de leur bord quand nous tentons de les cultiver en leur racontant la difficulté d’apprentissage plutôt que la matière concernée. Comme si le cinéma comme moyen de culture était réellement un puissant axe pédagogique.

Si je devais retenir quelque chose, dans ce film, je cois que j’opterais pour la technologie qui rend immatérielle, par exemple la téléportation. Comme à Jérémie. Une petite boîte d’allumettes, je veux bien essayer pour le coût réduit. Wallmart vendrait rapidement cette machine d’ailleurs.

Merci d’y croire !


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 30 mai 2012 Vol. XXXXII no.39, et se trouve en P.8 à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/08/H-O-30-mai-2012.pdf