Édouard Bamporiki [raconte] réflexions d’un coupable de génocides

DIPLOMATIE INTERNATIONALE & SOCIÉTÉ par Dan Albertini

  • Édouard Bamporiki [raconte] réflexions d’un coupable de génocides
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Quand l’armée des oies sauvages de Juvénal Habyarimana a appris l’assassinat du président dans l’avion abattu par un missile sol-air lancé, savait-on d’abord que le président burundais y était à bord ? La réponse viendra-t-elle un jour par des témoignages recueillis tels ceux que l’on retrouve dans l’ouvrage de Bamporiki, Dieu seul sait. Façon de parler, car il faudrait se souvenir de la longue, de la très longue série judiciaire d’une demande de protection ici au Canada. Apologiste du crime génocidaire, en l’occurrence Léon Mugesera, est finalement en prison dit-on aujourd’hui au Rwanda où il purgera dans les souvenirs de ce pourquoi il est reconnu coupable. Avec preuve à l’appui. Il devra apprendre aussi à assimiler le témoignage de coupables reconnus, mais de repentis avérés qui ne comprennent pas encore pourquoi ils ont agi ainsi. Une peine lourde puisqu’il n’a aucun pouvoir sinon la demande de pardon comme tout le monde. Mais surtout parce que c’est un intellectuel dit-on qui comprendra malgré lui : récits, racontars, anecdotes, rumeurs, propagandes… etc. Propagandes oui, car nous imaginons que le détenteur du pouvoir à Kigali en fait aussi, même sous la forme de pardon. Il fut un temps, comme pour ceux qui vivent la peur dans leur culpabilité, dans une église adventiste à Montréal en prières, Léon se croyait sans devoir de reddition de comptes. Bamporiki Edouard a réveillé le pendule de la mémoire avec des témoignages étonnants.

Mon fils, c’est une longue histoire, une histoire d’après le récit de Bamporiki Édouard, qui concerne la pensée haïtienne en 2019. Allons-nous en faire autant ou prendre conscience des aveux recueillis de Bamporiki ? La réponse n’est pas un cadeau, c’est un euphémisme.

Rappelons-nous, il y avait aussi le président du Burundi, Cyprien Ntaryamira assassiné par le missile lancé contre l’avion du président Habyarimana. Dans la loi ou dans un code criminel la question se pose ainsi : qui par négligence a ou, aurait laissé l’arme fatale exposée ? Il y a donc eu un crime politique, mais un accident politique aussi, qui est devenu un incident, la vie a changé depuis et les conséquences sont là. Le Code criminel irait plus loin, qui a donné cette arme, que nous refusons de répondre dans les consciences occidentales. La conscience semble dire non en cette fin de 2019, le Duvaliérisme demande pardon et s’excuse à NY.

La question se poserait sereinement, mais légitimement aujourd’hui aussi puisque le président Habyarimana et le président Ntaryamira ont été assassinés dans l’avion atteint du missile lancé. Pourquoi les avoir assassinés ? D’un certain point de vue, le Belge ne se bat plus à coups de canon chez lui, mais par les armes de la dialectique sévère entre blocs linguistiques au point de disjoncter tout gouvernement soit-il de (3) mois ou d’un jour, pour une question futile, c’est selon la critique : française, canadienne, suisse, et même du Québec. La question suivante est essentielle : se serait-il organisé la joute mortelle en fatalité, ailleurs, par exemple au Rwanda, mieux, cela se passe-t-il avec la France de nos jours en Haïti ? Simple question que Bamporiki ne dévoile pas ici !

Mais, Bisimana dans le récit de l’ouvrage de Bamkopiri explique ce que tout makout d’abord, aurait dû faire depuis les bastions évincés du Duvaliérisme, ensuite sans oublier les vêpres cérébrales cachées des mulâtres et des békés bien avant Duvalier, le mal étant le fruit de son propre creuset, nous ne pouvons épargner quiconque sous aucun prétexte et le trouver plus tard infecté insoumis, avec un pouvoir nouveau, venir faire la leçon sur un pan d’histoire, et  ignorant les autres pans. Recommencer au gré du colon du Code noir véreux, qui est le seul responsable de ces épreuves, jamais puni. Exit, avec un plan de déportation de Noirs.

Notons qu’Israël a entamé de suite sa gestion post trauma contre le nazi, mais surtout, a mis des remparts pour que cela n’arrive plus. C’est le prix du pardon et celui de la rédemption.

Qui sait-on aujourd’hui, mais surtout, qui ignore-t-on dans cette affaire, qui serait peut-être un commanditaire exogène, un opposant local, une diplomatie étrangère, le quidam, le  fanatique, que cela aurait provoqué un massacre général arrivé comme par une magie génocidaire qui a visé une ethnie en particulier.

Les témoignages recueillis de Bamporiki Edouard étonnent au plus haut point certes, mais préviennent aussi l’Haïtien de ne pas y descendre à cette profondeur. Ce serait la plus grosse insulte jamais imaginée à nos héros de l’indépendance. Car, le Code noir n’est pas mort, il a été évincé, mais nous n’avons jamais réalisé son procès ni, l’avons brûlé dans les feux de l’indépendance. Si l’on en juge par la note d’Himmler Rébu : «le syndrome de l’Affranchi», on dirait que le mal est en nous tandis que l’autre l’a implanté avec le poids de trois cents ans d’esclavage déshumanisant, en nous refilant la facture de la sauvagerie. Non, à chaque fois qu’il y a crime ou génocide qui touche une ethnie, cela va sans dire pour nous, la France le Code noir et le génie de ce Code avec ses pièces de théâtre, ses valses, ses opérettes chez madame une telle, est le coupable direct. L’oublier c’est se condamner.

C’est aussi une autre plaidoirie contre ma volonté.


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur édition du 30 octobre 2019 Vol. XXXXIX No.42, et se trouve en P. 12 à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/10/H-O-30-octob-2019.pdf