Mise en accusation du président Trump… par Pierre Quiroule II

Mise en accusation du président Trumppar Pierre Quiroule II

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La nouvelle a eu l’effet d’une bombe. Enfin, la présidente de la Chambre basse du Congrès américain, la démocrate Nancy Pelosi, qui résistait jusqu’à date aux pressions de membres de son parti d’aller jusqu’au bout, a décidé d’une mise en accusation du président Donald Trump, suite à une action de sa part relative à sa dépendance d’un président étranger pour mener campagne contre un rival potentiel aux prochaines présidentielles.

En effet, hier, mardi 24 septembre, toutes les chaînes de télévision débutaient les pro- grammes de nouvelles de la journée avec Mme Pelosi annonçant qu’elle avait conclu qu’une enquête de mise en accusation (impeachment inquiry) est de mise contre le président qui a refusé de soumettre au Congrès le rap- port d’un agent qui aurait soulevé des inquiétudes d’ordre sécuritaire pour les États-Unis lors d’une conversation entre le président Trump et un chef d’État étranger.

À souligner qu’avant midi, hier, Nancy Pelosi, de son bureau, au Congrès, dit Capitole Hill, indiquant que le siège du pouvoir judiciaire est perché sur une colline, affichait un air exceptionnellement grave quand elle déclarait : «À date, les démarches entreprises par le président ont sérieusement violé la Constitution. Il est tenu pour responsable et doit rendre compte, car personne n’est au-dessus de la loi».

Il ressort que le président américain avait, au cours d’une conversation avec son homo- logue de l’Ukraine, le président Volodymyr Zelensky, sollicité son aide pour entamer chez lui une enquête concernant le fils de l’ex-vice-président Joseph «Joe» Biden, Hunter Biden, qui avait des liens d’affaires avec une compagnie ukrainienne dans le secteur énergétique. Trump aurait voulu que le gouvernement ukrainien ouvre une enquête sur une affaire remontant à 2014 quand Joe Biden occupait la vice-présidence dans l’administration Obama, et qu’il aurait usé de son influence de vice-président en faveur de son fils avec les Ukrainiens.

Lundi dernier, 23 septembre, le président Trump a admis qu’il avait eu une conversation avec le président Zelensky, ajoutant, cependant, que tout était «correct». Il n’avait nullement pressuré son homologue, bien qu’il ait retardé une aide financière déjà approuvée pour l’Ukraine, sans doute espérant précipiter l’enquête sur les Biden.

Hier, mardi 24 septembre, des Nations Unies, où il assiste à la 74e Assemblée générale de l’organisation mondiale, il déclara qu’il autorisait la mise à la disposition du public le contenu de la conversation dès demain, mercredi. Et M. Trump d’ajouter, «On verra que c’était correct». Cependant, les démocrates, et même une majorité parmi les républicains, demandent que le rapport de l’agent soulevant les inquiétudes (le whistleblower, comme on dit en anglais) soit remis au Congrès.

Trump se trouvera bientôt au banc des accusés, en compagnie de trois autres présidents, savoir Andrew Jackson, Richard Nixon et Bill Clinton. Richard Nixon n’a pas attendu qu’il soit jugé par le Sénat, ayant préféré démissionné. Trouvés coupables par la Chambre basse, Andrew Jackson et Bill Clinton ont été acquittés par le Sénat. Il se pourrait qu’avec une Chambre basse à majorité démocrate, Donald Trump soit trouvé coupable et n’être pas condamné par le Sénat, contrôlé par les républicains.

Au Premier ministre mi-approuvé Fritz William Michel, dans son patelin, aux Gonaïves, les citoyens passaient à l’attaque contre lui. Sa clinique, car il est aussi médecin, qui lui sert de bureau politique, a été vandalisée et incendiée. Sa maison aurait connu le même sort n’était le dépêchement en catastrophe de policiers qui ont monté la garde autour de la résidence du président du Sénat.


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 25 septembre 2019 Vol. XXXXIX no.38, et se trouve en P.16 à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/09/H-O-25-sept-2019.pdf