Des voix s’élèvent contre Jovenel Moïse….

À LA VEILLE DE LA SÉANCE INTERPELLATION DU PRÉSIDENT

  • Des voix s’élèvent contre Jovenel Moïse

À la veille de la tenue de la séance d’interpellation du président de la République, par l’Assemblé des députés, le pays tout entier semble se mobiliser autour de l’option «mise en accusation ». À observer la mobilisation déclenchée autour de cet événement, on pourrait dire que Jovenel Moïse risque de se voir expulser du Palais national, si les députés à qui incombe la responsabilité constitutionnelle de voter pour que le Sénat juge le président de la République, si ces derniers décident de voter dans le sens de la volonté exprimée dans les lettres ouvertes, déclarations publiques, interventions sur le vif et autres.

En effet, depuis tôt mardi matin, la mobilisation a entraîné une foule de jeunes non loin du Palais national où a été organisé le procès simulé de Jovenel Moïse. Ils ont laissé entendre que ce procès symbolique représente un message envoyé aux députés pour qu’ils sachent ce que le peuple attend d’eux.

Par ailleurs, le même jour, à Léogâne, une organisation composée surtout de jeunes, regroupés sous le nom « Association de la jeunesse insoumise » adressé une communication aux députés de la région des Palmes, sous le titre « Appel a la raison », représentant les communautés de Gressier, Léogâne, Grand-Goâve, Petit-Goâve dont les députés sont : Antonio Vercain, Jean Wilson Hyppolite, Jean Marcel Lumérant et Alexandre Germain fixe. Le document déclare : « Que de nos jours, mais surtout suite a l’accession de Jovenel Moise au pouvoir, la situation haïtienne se veut de plus en plus délétère; 

« Que les populations respectives, dont vous les mandataires, et en qualité de députés du peuple, il vous est fait l’impérieuse obligation de traduire leurs aspirations a travers vos décisions, comme le veut la Constitution et les lois haïtiennes; 

« Que le président de la République, bien qu’ayant juré de respecter ces dernières et d’agir dans leur strict respect, ne cesse de manière récurrente et systématiquement, de les fouler aux pieds, en témoigne sa décision de procéder a l’immixtion de l’OEA pour éclipser la CSC/CA dans sa mission légalement reconnue; 

« Que, Jovenel Moise, épinglé a tour de rôle dans des dossiers de gravite extrême, dont : blanchiment des avoirs, dilapidation des fonds PetroCaribe, les huit mercenaires, sans oublier le massacre de La Saline qui, a en croie les différentes enquêtes menées, a été planifie au plus haut niveau de l’État; 

« Que tenant compte que Jovenel a menti et ne cesse de mentir a son peuple, pour lequel il ne cultive aucun respect; 

« Que réalisant que Jovenel Moise ne dirige plus rien et personne, en constatant impuissamment lui-même, comme le fait tout simple citoyen, a l’aggravation d’une crise a la fois morale, politique, sociale et économique; 

« Et que voilà ! ! Le moment d’agir par et pour le peuple est venu; honorables députés, cette séance de mise en accusation est venue au bon moment, voire trop tard. Haïti est au bord du gouffre. La morale en voie de disparition. La jeunesse dépérit : Constat de tous les Haïtiens et Haïtiennes. Haïti réclame, honorables députés, que vous votiez pour accuser le président Jovenel Moise. 

« Léogâne voudrait réclamer et exiger, et de fait réclame et exige, honorable député Jean Wilson Hyppolite, que vous votiez contre Jovenel Moise, et que conséquemment vous l’accusiez de crime de haute trahison, voire de lèse-majesté, dont la nation de Dessalines en est la victime. Qu’il vous plaise, honorables députés, d’écouter la raison, la voix du peuple mourant, pour redonner de l’espoir a la jeunesse haïtienne en péril, et moraliser enfin cette prestigieuse institution qu’est la présidence.

« Recevez nos remerciements anticipés ».

Matériellement, il n’est pas possible de donner hospitalité à tous les secteurs qui sont intervenus, à l’occasion de la séance d’interpellation de Jovenel Moïse. Nous choisissons certaines communications pour publication, tout en tenant compte des contraintes en matière d’espace et du temps. Par conséquent, nous donnons également publication au document diffusé par un autre groupe de jeunes, « Les Petrochallengers du Mouvement nou pap konplis », dont voici la teneur : « Nous les Petrochallengers du Mouvement nou pap konplis, sommes pour la tenue de la séance de mise en accusation du président Jovenel Moise introduite par les députés minoritaires. 

« Lors de cette séance, qui se déroulera ce mercredi 7 août 2019, la 50e législature improductive, qualifiée de la honte, a l’ultime opportunité de redorer son blason avec la mise en accusation du chef de l’État indexe dans les deux rapports de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif sur le gaspillage des fonds PetroCaribe. 

« Intervenant dans un contexte où le flambeau de la mobilisation populaire contre l’équipe en place est sur le point de se raviver, la motion de mise en accusation du président Jovenel initiée par les députés de la minorité, reflète les revendications du macadam.

« 1) Ajoute à son implication dans la dilapidation de l’argent de PetroCaribe, le président Jovenel est accusé de crime de haute trahison;

« 2) L’implication des proches du pouvoir dans le massacre de La Saline;

« 3) La mauvaise gouvernance;

« 4) La corruption caractérisant les actions de l’Exécutif;

« 5) Financements illicites des chefs de gangs par l’équipe en place;

« 6) L’insécurité ;

« 7) L’impunité ».

Après avoir exposé ses arguments pour justifier sa demande de mise en accusation du chef de l’État, Petr0challengers déclare que la solution de la crise doit passer nécessairement par la tenue du procès PetroCaribe, soulignant qu’il est temps que les dilapidateurs des USD 4,2 milliards provenant de la vente du brut vénézuélien et leurs boucliers commencent à « quitter les espaces de décision au plus haut sommet de l’État ».

S’adressant directement aux députés de la 50e Législature, ce groupe fait savoir que représentants du peuple, « ils sont contraints à exprimer la position de leurs mandants dont l’objectif est d’écarter Jovenel Moise du pouvoir, afin de le mettre à la disposition de la justice ».

Vu l’intérêt que la séance de mise en accusation de Jovenel Moïse suscite, en Haïti comme en diaspora, il se pourrait bien qu’elle soit l’événement le plus important survenu en Haïti depuis la chute de la dynastie des Duvalier, le 7 février 1986. Curieusement, c’est le numéro 7 encore qui marque l’événement. Ne faut-il pas poser la question de savoir si le président peut encore sauver ce qui reste de son quinquennat à coups de millions, comme il a l’habitude de faire ?


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 7 août 2019 VOL. XXXXIX, no. 31 et se trouve en P.1, 3  à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/08/H-O-7-aout-2019.pdf