Une crise constitutionnelle se profile à l’horizon aux E.U. par Pierre Quiroule II 

Une crise constitutionnelle se profile à l’horizon aux E.U.

  • NOUVELLE BRÈVES par Pierre Quiroule II 

“L’Attorney General” américain, équivalant du ministre de la Justice dans le système haïtien, s’alignant sur une déclaration du président Donald Trump contre une décision de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire des États-Unis, trouve que la Cour a erré en déclarant que le gouvernement ne devrait pas ajouter une question relative à la nationalité au formulaire sur le recensement.

C’est lundi dernier, 8 juillet, lors d’une entrevue accordée à l’agence Associated Press que William Barr a déclaré que l’administration Trump agira dans les jours qui viennent pour faire valoir son argumentaire lui permettant de passer des instructions au ministre du Commerce l’autorisant à inclure la question dans le formulaire sur le recensement de l’année 2020.

En effet, le 27 juin écoulé, la Cour suprême, par un vote de cinq contre quatre avait rejeté l’argument de l’administration qui stipulait que la question était de mi se pour s’assurer que seulement les citoyens américains soient comptés. Mais le juge en chef de la Cour, John Roberts, qui a pris la décision de rédiger lui-même l’opinion défavorable à l’administration, s’est aligné sur la position des quatre juges de la Cour considérés des libéraux, disant que “les agences doivent fournir “des justifications bien fondées dès qu’il s’agit de décisions importantes, des raisons à satisfaire les tribunaux et le public intéressé”. 

Bien que le juge Roberts ne l’ait pas dit clairement, on déduit que la question de citoyenneté insérée dans le formulaire du recensement serait préjudiciable en ce qui a trait surtout aux citadins américains qui peuvent avoir des parents ou amis immigrants habitant chez eux. Ainsi, toute la maisonnée, n’étant pas peuplée de citoyens américains, beaucoup de ces citoyens, ne voulant pas mentir, s’abstiendront de remplir les formulaires, causant ainsi une perte pour les citadins, d’ordinaire en majorité d’obédience démocrate. Cette perte ne serait pas seule ment d’ordre politique, mais aussi économique, car le Congrès se base sur le nombre de citoyens dans une communauté — village, ville, état—, pour fournir les allocations que de droit.

Depuis 2017, Wilbur Ross, Ministre du Commerce, avait laissé entendre que le recensement 2020 indiquerait fidèlement le nombre de citoyens américains au pays.

Toutefois, la réticence qu’auraient des citadins à ne pas remplir le formulaire favoriserait les citoyens habitant les régions rurales, en grande partie d’obédience républicaine.

Ainsi, la majorité à la Cour suprême avait rejeté l’argument de l’administration, considérant la question de citoyenneté dans le formulaire du recensement une entorse à la vérité. Il ne s’agit pas vraiment de se fixer sur le nombre réel de citoyens au pays, mais une façon habile pour renforcer la prépondérance républicaine à l’encontre des groupes minoritaires qui, en grande majorité, sont des citadins.

Entre-temps, le processus de comptage, qui devait débuter le 1er juillet, date qui avait été retenue par le Ministère du Commerce pour le premier envoi de formulaires aux citoyens, est mis en veilleuse, parce que le président Trump entend trouver une formule pour ajouter la question de citoyenneté au formulaire de recensement.

Depuis le 15 juillet 2017, John Thompson, chargé de diriger les opérations du recensement, avait annoncé qu’il comptait démissionner en décembre de cette année, et, en effet, s’est retiré. Il avait été nommé au poste, en 2013, par le président Barack Obama et devait mener les opérations de l’année 2020, vu que le recensement se fait chaque 10 an. Un vétéran au Bureau du Recensement où il a passé 27 ans, sans doute il dépistait déjà les tracasseries de l’heure.

Autre surprise. Dimanche dernier, 7 juillet, à un moment ou l’administration Trump compte revenir par devant la Cour suprême en vue d’obtenir le feu vert pour insérer la question de la citoyenneté dans le formulaire du recensement, le Département de la Justice a annoncé que les avocats qui avaient plaidé le cas à la Cour sont remplacés par d’autres, sans doute plus coriaces! Il n’est que d’attendre.

Et Jeffrey Epstein, un milliardaire, est trouvé coupable de trafic de mineurs dans un scandale sexuel qui aura des répercussions en hauts lieux. Samedi dernier, 6 juillet, le milliardaire, ayant des résidences somptueuses à Palm Beach, en Floride ainsi qu’à New York, a été arrêté, inculpé d’induire des jeunes filles de 14 ans ou plus dans un Traffic sexuel.

Selon les chefs d’accusation contre Epstein, dont le président Donald Trump a dit de lui qu’il est “extraordinaire” (terrific en anglais), il est dit qu’entre 2002 et 2005, Epstein a sollicité des filles mineures avec lesquelles il a eu des sessions sexuelles, les payant des centaines de dollars après et les enjoignant, moyennant paie ment, de lui trouver d’autres jeunes filles.

Au tribunal fédéral du District sud de New York (Manhattan) lundi, le procureur Geoffrey Berman a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il eut à dire: “Epstein savait bien que ses victimes étaient mineures. Plus surprenant encore, ces filles étaient particulièrement vulnérables, vu leurs conditions familiales”. 

Déjà, cette affaire éclabousse Alex Acosta qui, en 2007, étant procureur fédéral à Palm Beach, Floride, avait conclu une entente avec Epstein qui était accusé alors d’induire des jeunes filles, certaines âgées de 13 ans, dans des relations sexuelles dans son château à Palm Beach. Selon l’arrangement, Epstein, ayant plaidé coupable à des offenses mineures, avait obtenu immunité quant à une poursuite d’une instance fédérale. Condamné à 12 mois de prison dans un centre pénitencier du comté de Palm Beach, il passait la journée à son bureau et revenait chaque soir se reposer en prison.

Et qui est cet Alex Acosta, qui a été d’une gentillesse hors pair envers Epstein, âgé maintenant de 66 ans ? Actuellement, Acosta est secrétaire d’État (Ministre) du Travail du président Trump à Washington. Et les démocrates au Con grès d’exiger sa démission immédiate. Pas si vite, a déclaré le président Trump. (Histoire à suivre).


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 10 juillet 2019 No.27, et se trouve en P.16 à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/07/H-O-10-juillet-2019.pdf