De la tentation dominicaine, ce qui est immixtion, ce qui est mesurable, l’ONU se meurt.

DIPLOMATIE INTERNATIONALE ET SOCIÉTÉ Par Dan Albertini

  • De la tentation dominicaine, ce qui est immixtion, ce qui est mesurable, l’ONU se meurt.

Sans (). Si Barack Obama pense croiser l’île avec sa feuille de route de mariage gai, après (Mandat1/2+Début(2/2)+ébouriffé), il se trompe de cible. Haïti n’est pas l’Afrique du Sud, ni héritière. Mais faiseur DE. Il ferait mieux réviser son discours car la République lui rendra une sévère réplique. Équation : Retard/Notion Histoire 1(Libre)+(1er)Pays Noir=Haïti.

Quand le professeur Corten publia l’Etat faible 89’ pour parler RD/Port-au-Prince, c’était le prisme de pouvoir bicéphale, il était loin d’imaginer un 12/01/2010. Le séisme rapprochait les pouvoirs respectifs, Préval hiberne le soir en RD. L’Etat sembla solidaire, insulaire, caribéen. Fort. Mais, les divisant spécifiquement parallèlement, avec des ambitions divergentes. Corten ignora ainsi le prisme Martelly Président assumant la présidence rotative de la CARICOM du 01-06/2013. Economie, armée, main-d’oeuvre, alimentation, sécurité, production, énergie, communication, marché. Quelles seraient ses observations profondes en fin d’agenda ?

CARICOM, Martelly rate-t-il l’occasion de commander l’armée dominicaine, par manque d’expertise, plus précisément par l’absence des Forces Armée d’Haïti ?

Constat et paradoxe. Le ministère de tutelle se lance à l’offensive-(Art.52.3), suite à l’affaire des frontières fermées aux Haïtiens par des militaires de la RD, dans l’affaire des produits interdits : crainte d’une offensive dominicaine ? Ou, effet des articles publiés qui évoquent la souveraineté et la défense du territoire ? Pourquoi réagir quand il faut agir ?

Nous ne pouvons donc échapper aux références. Autres institutions comparables, observons la France de Sarkozy. Rapport avec l’Européenne allemande et, le dossier des infirmières bulgares en Lybie. Paradoxe, le Bénin de Yayi a fait envahir le Mali par la France. Il nous faut aussi aller plus loin que ces références. La MINUSTAH est en Haïti, donc par effet administratif pervers, patronne de la RD, par les résolutions 1542 & 1908 du Conseil de Sécurité. C’était l’occasion de se saisir d’une grande autorité institutionnelle, récupérée la CARICOM-2004, surtout quand Medina a provoqué le scandale pour l’alimenter ensuite, et nous accuser en tant que peuple onusien. Pourquoi un rappel à l’ordre ? Deux raisons.

Ban est resté silencieux dans l’affaire qui envenime les cœurs entre Santo Domingo et Port-au-Prince. Ne dira-t-on que c’est un contentieux pour l’OMC, et en marge, pour un avis de l’OMS. Haïti a été en accéléré, puis ! Si la sécurité alimentaire, comme le fait le FDA US, appuyée solidairement par d’autres agences, est matière de prévention, l’affaire du choléra étant un indice de mortalité précoce, criminelle, par la faute de la MINUSTAH, la RD nous a gravement offensé par ses représailles frontalières, par ses menaces ouvertes qui font foi d’ingérence grave. Interprétons. La MINUSTAH était pourtant là pour accompagner en matière de stabilisation. Déposera-t-elle alors contre la RD au contentieux de l’OMC ? Ou, doit-on alors comprendre que les risques d’intoxication volontaire par produits alimentaires ne comptent pas. Après tout, faut-il se le rappeler encore dans l’affaire de viol ? L’ONU se meurt sur la tombe de la défunte SDN, comme à l’époque des guerres antérieures. Il faudra la remplacer et, s’outiller pour stopper nous-mêmes, l’élan insolent de la RD.

Considérations 1ière

Le sentiment de supériorité est faux Si le Dominicain se croirait idéalement espagnol, clair obscure, différent de l’Haïtien. Ce serait une mentalité que l’on aurait forgé aux mangeurs de volailles, comme on tente de le faire avec les Haïtiens qui nourrissaient les prostituées dominicaines, pour cette même raison précitée. Pensons. Alfonso Rodriguez, animateur de Archivo, versus Julio Iglesias son idole espagnol, avait-il été trop loin en insultant Martelly en 2011 ? Consultons alors Listin Diario sur le sujet d’aujourd’hui : «“No me gusta eso de que nos estén poniendo de mojiganga en el plano internacional, se burlan de nosotros, nos denuncian, nos invaden y aquí nosotros aguantando leña”, afirmó López Rodríguez, al referirse a la veda de pollos y huevos que impuso el Gobierno de Haití a República Dominicana». Traduction : cela ne me plaît pas, le fait qu’ils nous imposent le poids d’une mascarade sur le plan international, se moquent de nous, nous dénoncent, nous envahissent, et ici nous endurons l’effet d’un brasier ardent, a affirmé le Cardinal, après avoir pris la défense des produits ovo-carnés, que le gouvernement haïtien a imposé à la RD.

Cette déclaration démontre dans les faits, que l’intelligence dominicaine n’est en aucune manière supérieure à celle haïtienne mais, simplement, la RD a su monitorer son système, quittant la paperasserie d’émotion pour du dur dans le numérique. Quand par contre, à l’occasion des joutes électorales présidentielles haïtiennes, l’animateur de radio Alfonso Rodriguez fustigeait Martelly pour son extravagance artistique, il révélait tout simplement le fait d’un seul peuple qui ne voulait pas se regarder dans le miroir. La tare, la prostitution est considérée comme merveille, la RD envoyait ses filles en Haïti, comme instrument économique. Elle démontre aussi l’arrogance et la peur de la RD politique qui souffre d’un ancien parcours colonialiste, qui se conforte à maltraiter les citoyens haïtiens en RD. Si le Dominicain avait de ce fait peur de devenir minoritaire chez lui ! Une bouleversante équation de Cius contre Pedro. C’est ce qui impressionne tant ce cardinal sans droit de vote, mais qui ne défendait dans les faits, les affaires dites spirituelles du Vatican, mais des affaires temporelles nationales, renforçant ainsi et réitérant, un racisme singulier. Aurait-il consulté les représentants du Vatican domiciliés sur l’autre côté de l’île puisqu’étant idéalement établi un rapport divin commun, ça laisse à désirer. Il y aurait donc ingérence d’un ministre de l’évangile dans les affaires d’état. Martelly président rotatif de la CARICOM a une fois de plus raté l’occasion de rappeler la RD à l’ordre. Quid de retenue, le mal est fait.

La RD, le militaire policier de l’économie ou la présidence gestionnaire politique La nouvelle qui rapportait la réaction des militaires dominicains sur les deux passerelles frontalières, Dajabon et Elias Pinas, devrait inquiéter au plus haut point non seulement les sections consulaires haïtiennes, les ambassades respectives, mais aussi la commission sénatoriale responsable du dossier de l’Armée d’Haïti et celle du dossier de l’économie et même le gouverneur de la BRH. Le président Medina a toléré de manière inconséquente cette insubordination, à moins d’une décision politique exécutée qui réclame alors des règlements par devant l’OMC, les Nations Unies, l’OEA et la CARICOM.

C’est là d’ailleurs que les Haïtiens mesureront dans les faits, l’action gouvernementale face a cet écart de conduite grave, qui pourrait se transférer sur le sol haïtien en l’absence de nos forces armées, ne pouvant compter sur 8940 soldats onusiens. Le gouvernement n’a pas lésiné dans le dossier de l’industrie haïtienne du plastique et les conséquences pèsent toujours sur ce secteur. Comment comprendre !

Le président est la Banque Centrale chez nous – à ce chapitre, nous pouvons rattacher celui de cette institution en phase d’apprentissage, là bas aussi.

La BCRD est encore en phase d’apprentissage – Dix fois plus que celui d’Haïti n’est pas irréversible en matière de PIB en analysant les agrégats. D’abord, les deux républiques ne manipulent pas la même monnaie nationale, elles sont en fait tributaires du $US. Le flot industriel mercantile qui a permis à la RD de développer ses infrastructures a pris du retard par rapport aux injections de capitaux internationaux depuis plus de 50 ans. La BCRD est encore au stade de collecteur et de shérif local plutôt que de stratège facilitant une expertise internationale qui ferait de la RD un pays gestionnaire de fortune. C’est-à-dire, capable de rivaliser les autres économies de même taille et de la, attirer une clientèle. Le taux d’inflation est encore un risque trimestriel. Le citoyen dominicain y compris celui corporatif ne peut se fier définitivement à la BCRD, il est obligé de se créer d’autres soupapes, de plus, elle ne peut racheter ses obligations d’épargnes locales dans le but de diminuer le poids de la dette globale. Elle est encore au stade de warning dans l’indice FSI.

L’asymétrie sociale de la RD est une plaie ouverte – S’ils ont une longueur d’avance, c’est en matière de PIB. La société dominicaine n’est pas assurée d’un niveau de vie assez élevé pour rentrer en phase de solidarité avancée avec les couches défavorisées. Au contraire, l’émigration est encore un levier économique pour stabiliser le PIB. Celle-là accueille généralement une migration haïtienne massive exerçant, soit des petits métiers, soit celui de main-d’œuvre agricole, parallèlement à un secteur agroindustriel mécanisé. Cette disparité sociale sur l’autre côté de l’île est un facteur de dégradation qui peut survenir à tout moment, jusqu’à côté des plages, à l’image des favelas au Brésil. Il existe un indice révélateur conséquent, la prostitution. L’industrie alimente le pays en dollar touristique. Elle pénalise plus que la jeunesse juvénile en grossesse précoce mais le système de santé et de sécurité sociale avec des maladies. Et, une obligation de prévention, non pas une expertise exportable.

Revenons donc à la BCRD. Si par contre elle n’a aucune espèce d’influence sur Haïti, la BRH peut mettre en échec la RD en imposant des quotas, en s’appuyant sur les accords pan caribéens, ensuite sur les facilites canado-américaines. Surtout dans le domaine de la construction. Ce qui mettrait en péril la stratégie dominicaine par l’incertitude. Haïti a de plus un atout majeur de redressement, en passant par les subsidiaires concernés des Nations Unies dans le but d’éprouver leur stratégies internationales et leurs théories de développement. Haïti n’a encore joué cette carte comme a su le faire, en dehors d’Haïti, par exemple le gouverneur de l’état du Chiapas au Mexique, dans les domaines de la reforestation et de l’environnement, du développement rural, de la lutte contre la faim et contre la pauvreté, et de nouveau débouches en infrastructure portuaires. Halte, nous ne sommes en guerre mutuelle !

L’association des contraires – Ce point-ci n’est une conclusion hâtive mais un souhait. C’est par contre l’occasion de préciser idéalement que nous ne voulons non plus jouer à l’élitisme, à la provocation gratuite. Interrogations : 1- peut-il y avoir une citoyenneté insulaire, réf : l’Europe de 1931 à nos jours. 2- S’étendra-t-elle à une caribéenne, pourquoi ? C’est le premier axe de la balance des valeurs prônées à l’UNESCO, l’association des contraires, pourquoi ne pas en puiser ! 3- pourquoi serions-nous aptes à développer des relations avec d’autres nations, depuis la SDN et bien au-delà, par la suite avec les Nations Unies, et ne pas pouvoir regarder notre réalité insulaire commune, sous prétexte d’un Trujillo, d’un Duvalier et aujourd’hui, d’un Alfonso Rodriguez ou d’un cardinal Rodriguez. Même pas amateur !

lovinsky2008@gmail.com


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 3 juillet 2013 Vol. XXXXIII no.28, et se trouve en P.5, 7 à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/10/H-O-3-juillet-2013.pdf