BIG BANG EN PERIL À ST-GENIS POUILLY

SUR LA ROUTE DU CINÉMA par Dan Albertini

  • BIG BANG EN PERIL À ST-GENIS POUILLY. Une histoire réelle qui n’est pas celle de Three Mile Island

 À Saint-Génis Pouilly on ne parlait plus politique, c’était jour d’élection de ce côté de la frontière franco-suisse. C’était un dimanche en France. Le plus grand collisionneur de particules au monde est juste à côté et en dessous. La jeune Polonaise de service au comptoir de l’hôtel Formule I ignore l’existence de la boucle qui passe au-dessous d’elle. Le voisinage n’a rien à voir avec la science, il est consommateur. Un voyage de Saint-Génis à Ferney Voltaire nous entraîne vers d’autres découvertes. Brusquement je revois le film <<Three Mile Island et je me pose la question suivante : << vais-je y rester ou, quelle sera la grandeur de la terre qui viendra de ce nouveau big bang ?

L’histoire

Three Miles Island est le film qui présente la petite cuisine de la catastrophe épargnée dans une centrale nucléaire. Le monde tourne depuis avec la hantise d’une nouvelle et la peur du nucléaire. C’est avec ce préjugé que je vais visiter le grand collisionneur du CERN pour un reportage en 2008.

Les théories pleuvent et se multiplient au gré de scientifiques et d’observateurs en délire. Je fais partie du deuxième groupe. La terre serait l’objet d’un big bang. Mieux, on essaie de reconstituer le processus credo dans le but de découvrir si, et seulement si la terre était… on connaît la chanson. Nous ne sommes pas scientifiques mais le bon sens ne dicte-t-il pas que le CERN joue à l’apprenti sorcier sans dire qu’elle pourrait mettre au monde une nouvelle terre au bout de son processus de découverte ou d’expérimentation dans la grande collision de particules. Où mettrait-on cette nouvelle sphère, petite ou moyenne ? À défaut de gérer les espaces perdus des empires coloniaux, l’Europe aura créé tout simplement par ce processus accéléré, une autre énigme de convoitise qui produirait peut-être des petits monstres relativement à l’homme des premiers temps de cette histoire de big bang. Mais cette réalité si elle devrait prendre chair, elle serait anticipée par les effets contraires du big… dans cette nouvelle cours  déclarée du nucléaire dissuasif mais dans la réalité, plus que menaçant. L’Amérique domine l’accès au global tandis que l’Europe jure de l’en arracher.

Le courant de mon imagination est très fertile, encore plus fertile que celle des experts impliqués dans les recherches les plus audacieuses. Trop audacieuses pour la foi du charbonnier. Toutes les théories prennent vie sans que le CERN ne leur donne naissance. Elles sont basées sur des spéculations dont les révoltes chrétiennes détournées ont amené les adeptes à se chercher des responsables. Le doute, l’incertitude qui prennent place dans la foi impliquée dans des résultats qui n’arrivent pas, profitent en fait à la clientèle non initiée. À Saint-Génis Pouilly, le spectre de Voltaire semble plus connu que la réalité des recherches qui sont effectuées en-dessous. Mais, Three Mille Island est dans l’esprit de tout ce monde qui ont pris l’habitude d’y vivre là-dessus.

Notre voyage

Le 7 juillet 2008, lors d’une première visite, peu avant le lancement de particules. La bataille qui faisait rage pour l’en empêcher n’a réussi, le premier test non plus. J’avais compris le phénomène de la spéculation alimentée par les détracteurs. Je pensais malgré tout à un petit globe terrestre. Rien de cela, me rassure de suite un docteur en physique appliqué au CERN. L’ingénieur Sylvain Weisz était responsable de projet à l’époque.

Les évènements se suivent comme les années qui se succèdent vers une accumulation de faits comme en frontières pulvérisées. Les guerres si elles ne sont dites froides, elles sont constatées chaudes si ce ne sont des guerres des nerfs ou une guerre psychologique. Il y a toujours guerre ! La réalité rattrape les politiques comme les diplomaties. On voit nettement le doigt de Poutine sur la détente comme la main de Bush sur le canon. C’était l’époque de ce cowboy du Texas. L’Allemagne se voit menacé comme puissance économique par une Chine de plus en plus gourmande, tandis que celle-là fait peur aux Américains, non seulement de part l’historicité de son passé mais, sur sa capacité à maîtriser en temps réel : armée, économie et technologie, de part son expertise et ses besoins de stabilité. Un schéma avéré au siècle dernier. La France napoléonienne, usée de sa léthargie, de sa pauvreté en conquête et de son impuissance nucléaire, exprime aujourd’hui à qui veut l’entendre, que le nucléaire n’est pas seulement dissuasif mais économique. Le CERN fait donc peur.

Message bien assimilé par le Brésil et par toute la panoplie orientale. L’équation est difficile et l’exercice fastidieux même pour la spécialistes américains de la destruction : comment retenir Poutine quand l’Allemagne redevient nationaliste à côté d’une France alliée mais incertaine, un bassin européen fragilisée par la menace voilée, la mémoire inaltérable et l’expertise nippone quand la Chine sort ses griffes dans le ciel comme sur les terres. Elle construit son centre aussi. Une importante inconnue s’y est ajouté, les nouveaux pays mercenaires comme le Pakistan, les Indes, l’Iran, la Géorgie, la Corée du Nord. Moins la Libye depuis peu, qui font chanter les grandes puissances dans le jeu de l’influence et de l’insécurisation. Qui ne pousserait pas la détente quand des satellites comme le Canada, le Brésil, l’Argentine, jouent avec les sciences et les technologies !

Le CERN ce n’est pas du cinéma même s’il est relaté dans plus d’un film. Saint-Génis Pouilly en France nous parle, trois ans après le premier lancement. Il ne faut surtout pas oublier que l’Amérique a déjà fait sauter sur des humains, une explosion qui ne peut mentir. Le jamais un sans deux est révolu et, si la maxime dit vrai le rapport jamais deux sans trois et par voie de conséquence, jamais toi sans moi… retenons nous comme dit le nouveau président français Sarkozy. C’est une lecture. Mais, l’accélérateur de particules du CERN travaille-t-il ou fait-il appel à de nouvelles matières. J’ai fais mon topo mais, je n’ai tout simplement pas vu la nouvelle terre.

Merci d’y croire !


Cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 14 décembre 2011 Vol.XXXXII, no.17 Et se trouve en P.8 à : http://s-dd.ca/wp-content/uploads/2019/08/H-O-14-dec-2011.pdf